Structure histologique de la peau : l’épiderme

La peau est formée de 3 couches principales de tissus superposés y compris l’épiderme.

L’épiderme est un épithélium formé de la superposition de 5 couches cellulaires qui, en partant de la limite dermique, du dedans au dehors, s’échelonnent de la manière suivante :

  • la couche germinative ou basale
  • le corps muqueux de Malpighi
  • la couche granuleuse
  • la couche brillante
  • la couche cornée

On a donné le nom de couche desquamante, aux assises cellulaires les plus superficielles de la couche cornée.

« La fonction essentielle de l’épiderme est l‘élaboration d’une barrière de kératine« .

La peau

La peau

Les différentes couches, formées de une ou plusieurs assises cellulaires, correspondent aux transformations successives que subissent les cellules de la couche basale germinative, jeunes, vivantes  et « succulentes », au cours de leur ascension vers l’extérieur où elles arrivent dans un étant de dessiccation totale;

Ces modifications ont été étudiées histologiquement d’une couche à l’autre.

Vous pouvez constater que les cellules qui constituent l’épiderme différent considérablement d’aspect et de structure selon l' »étage » auquel elles appartiennent.

Et vous pourrez suivre pas à pas leur destin physiologique de la naissance à la mort.

La couche germinative ou basale

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La couche germinative est formée d’une rangée de cellules cubiques implantées sur la partie limitante du derme : la membrane dermo-épidermique.

Ces cellules sont « hautes et serrées les unes contre les autres, en palissade ».

Elles ont une base munie de dentelures qui pénètrent dans la membrane basale, membrane très mince, constitués de tissu conjonctif, représentant la zone de jonction entre l’épiderme et le derme sous-jacent.

« L’engrènement de ces cellules avec cette membrane assure l’adhérence parfaite du revêtement épidermique au derme ».

Des travaux récents montrent que la membrane basale jouerait aussi, en plus de son rôle de soutien, « un rôle très important dans la physiologie cutanée » puisque « cette immense surface de tissu conjonctif qui s’est montrée capable de se modifier « in vitro » sous diverse actions enzymatiques, est également capable de se modifier « in vivo ».

Par sa situation elle se trouve, en effet, sur le chemin des échanges dans le sens dermo-épidermique, et vice versa.

La couche basale germinative de l’épiderme mérite bien son nom car c’est dans cette couche que les cellules épidermiques « germent » et se multiplient par division indirecte.

« Détachée de la potion supérieure d’une cellule, le cellule nouvelle est à son tour repoussée par une cellule plus jeune, de telle manière que les éléments montent ainsi peu à peu et que chacun d’eux est appelé à faire successivement partie des diverses couches superposées ».

Cette multiplication est désormais connue sous le nom de « rénovation cellulaire ».

Elle est ralentie ou augmentée selon les circonstances (âge, état de maladie, saisons…), mais constante et connue jusqu’à la mort.

La « marée montante » de cellules qui, partant de la couche germinative, va jusqu’à la couche épidermique le plus haute, la couchée cornée, parcourt la distance qui sépare ces 2 couches en trente jours environ, au bout desquels elle est rejetée dans le milieu extérieur, sous forme de lamelles cornées ou de furfur.

L’activité biologique de la couche germinative est d’une importance extrême en esthétique car c’est elle qui régit, en quelque sorte, la beauté de la peau et qui lui procure un aspect jeune et avenant ou, au contraire, vieux et ridé.

« Tous trouble nutritif des cellules à ce stade entraîne des anomalies dans leur évolution, spécialement dans l’évolution cornée.

Ainsi, des fibrilles extra-cellulaires peuvent persister dans les cellules de la couche cornée.

Les éléments cornés, alors au lieu de desquamer individuellement, un par un se détachent en lambeaux ou squames, par exemple squames des maladies éruptives.

C’est dans la couche germinative que l’on trouve, par excellence le pigment mélanique.

Le corps muqueux de Malpighi

Structure de l'épiderme

Structure de l’épiderme

La couche cellulaire qui surmonte la couche germinative porte le nom du médecin et savant Marcello Malpighi qui entreprit le premier l’étude de la peau au XVIIIème siècle.

Elle est composée de 3 à 10 assises de cellules, polyedriques dans le profondeur, mais qui commencent déjà à s’aplatir légèrement au fur et à mesure qu’elles montent et s’approchent de la couche suivante.

Les cellules du corps muqueux ont un protoplasme épais et un noyau gonflé de particules bien vivantes.

Elles sont reliées les unes aux autres par des filaments d’union (ou tonifibrilles) entre lesquels circule en abondance le plasma nutritif de l’épiderme.

Le rôle biologique de cette couche est très important si l’on en juge par la nature chimique des particules qui s’accumulent dans les noyaux cellulaires :

  • cholestérol
  • acides aminés
  • gluthation…

La couche granuleuse

Elle est constituée, selon l’épaisseur de la peau, par 1 à 4 assises de cellules aplaties, dont le noyau, déjà clair, présente un commencement d’atrophie, et dont les filaments qui les unissaient entre elles dans le corps muqueux ont à peu près disparu.

Dans le cytoplasme des cellules de cette couche apparaissent des granulations d’une substance mal définie, la Kératoyaline, considérée autrefois comme la « mère » de la kératine.

La kératoyaline, en réalité, préside à l’élaboration de la graisse épidermique.

La couche brillante

Zone de transition entre la couche granuleuse et la couche cornée, la couche brillante forme une mince bande de cellules homogènes, transparentes, aux noyaux aplatis, en pleine dégénérescence car elles sont infiltrées d’une substance particulière, la kératine, qui les dessèche et va les réduire à l’état de corne.

C’est dans cette couche que commence la kératinisation cellulaire, ce processus de vieillissement particulier aux cellules de la peau.

La couche brillante marque le début de la couche cornée.

La couche cornée

Formée, généralement, de 15 à 20 assises de cellules, la couche cornée se développe d’une manière très variable selon les différentes régions cutanées.

Elle est plus épaisse à la paume des mains et  à la plante des pieds, notamment.

Les cellules de la couche cornée, imbriquées les unes aux autres comme les tuiles d’un toit, ne sont plus que des lamelles cornées dont l’ensemble constitue la kératine dite molle ou épidermique par opposition à la kératine dure des phanères (les ongles et les cheveux).

Cette couche épidermique, très pauvre en eau, est imprégnée d’une substance grasse, la graisse épidermique, qui confère à cette couche de la souplesse et lui permet de s’opposer à l’évaporation.

C’est cette graisse qui contribue à protéger la peau contre la pénétration des liquides aqueux.

La couche cornée est un « vernis » protecteur de la peau dont l’un des rôles essentiels est de s’opposer à l’évaporation de l’eau de nos tissus.

Bien que sa vitalité soit réduite aux extrêmes elle n’est pas absolument inerte et sans vie.

La couche desquamante ou disjointe

Formée des dernières assises de la couche cornée, la couche desquamante est constituée par des cellules aplaties, kératinisées, dans un état très avancé des dessiccation totale.

Elle se détachent isolément sous forme de furfur, ou poussière cornée, et sont abandonnées au monde extérieur : ce sont les « cellules mortes ».

Elles entraînent avec elles les microbes et les déchets dont elles sont souillées.

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