Les shampooings en poudre ou « secs »

La quasi totalité des shampooings utilisés dans le salon de coiffure ou par la clientèle à domicile est représentée par les shampooings liquides.

Mais certains auteurs considèrent les shampooings secs comme « d’excellents produits s’ils étaient mieux connus du public moutonnier habitué aux shampooings liquides ».

Pour leur fabrication, on utilise des substances pulvérulentes qui absorbent les matières grasses dans lesquelles on incorpore du sulfate de sodium.

On saupoudre toute la chevelure, puis, au bout de quelques minutes, on brosse.

Selon les docteurs A. Michel et A. Romanie : « leur grand avantage est de ne nécessiter aucun mouillage de la chevelure ». Mais ils ajoutent que ces shampooings secs « n’excluent pas la nécessité de pratiquer   régulièrement des savonnages moussants, seuls à même d’entraîner les poussières, ne fut-ce que celles dues à ces shampooings sec eux-mêmes ».

Shampooing sec

Shampooing sec

Notons que la vogue de ces shampooings a nettement diminué depuis 2 ou 3 ans en raison des difficultés et des complications que leur emploi peut déterminer.

L’influence des coiffeurs a largement participé à la régression de ce type de shampooings ; ils leur reprochent en effet :

  • d’exiger un brossage très soigné que les particuliers et même certains ouvriers-coiffeurs ne pratiquent pas avec la dextérité et la durée qui conviendraient
  • de rendre le nettoyage encore plus difficile si le cheveu est gras en raison du magma que forment alors la poudre et le sébum
  • d’exciter, semble-t-il la sécrétion des glandes sébacées

Comment doit-on exécuter un shampooing ?

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Dans la pratique quotidienne du salon de coiffure, la manière d’exécuter le shampooing est souvent incorrecte.

En effet, les apprenties auxquelles on confie « le shampooing » n’ont pas toujours conscience qu’il s’agit d’un acte important dont dépend, en particulier, la réussite de la coiffure.

Elles lavent la chevelure avec le même automatisme indifférent qu’elles mettent à laver leur « gros » linge à la maison.

De plus, elles lavent mal : elles frottent avec une énergie bien superflue le dessus du crâne mais la plupart du temps négligent les parties occipitales et temporales.

Ayant mal lavé, elles rincent mal.

Combien de fois n’avez-vous pas eu à déplorer qu’une chevelure soit presque plus terne après le shampooing qu’avant ?

Sans doute un shampooing trop fort peut rendre le cheveu terne, mais dans le cas qui nous occupe, la qualité du shampooing n’est pas en cause : le rinçage n’a pas été fait avec la minutie qui convient, c’est-à-dire avec un malaxage modéré et prolongé du cuir chevelu, presque une sorte de massage sous un apport d’eau de force moyenne afin que les matières grasses et les souillures détachées du cuir chevelu ne se collent pas au cheveu mais s’éliminent progressivement.

On emploie trop souvent une trop grande quantité de shampooing : une dose trop forte peut aussi ternir les cheveux. Utilisez votre shampooing avec parcimonie.

Le procéder logique et correct

  • choisissez le shampooing d’après la nature du cheveu et les indications du fabricant
  • faites tiédir au bain-marie la dose de shampooing destinée à votre client afin que le contact du liquide froid répandu sur le cuir chevelu ne lui soit pas désagréable
  • mouillez les cheveux, puis versez, en la dispersant, la moitié de la dose du shampooing et massez doucement le cuir chevelu en malaxant les cheveux afin de les imprégner du liquide détergent et de détacher ainsi la plus grande partie des souillures et des matières grasses
  • rincez rapidement
  • versez le reste de la dose du shampooing et frottez toujours doucement, mais sur toute la surface du cuir chevelu, en insistant derrière les oreilles, la nuque et en bordure du cuir chevelu pour compléter et achever le nettoyage
  • faites couler sur la chevelure un peu d’eau à différentes reprises, tout en continuant de la malaxer afin de commencer à diluer le mélange « shampooing-gras-déchets » ; si vous rincez tout de suite à grand eau, la dilution se fera mal
  • rinciez enfin à plein jet en soulevant la chevelure de place en place pour que le drainage soit total

Avec quelle eau faut-il pratiquer le rinçage ?

eau

eau

Il est conseillé de faire le rinçage avec une eau très pure. Les grands salons de coiffure utilisent de l’eau adoucie.

Les eaux pures, ou purifiées et adoucies, procurent un excellent résultat esthétique : la chevelure devient souple et brillante.

Certains praticiens font encore le rinçage avec une eau additionnée de vinaigre. C’était très bien lorsqu’on utilisait les shampooings au savoir qui au contact de l’eau calcaire, formaient un précipité ternissant et poissant le cheveu ; mais, à notre avis, ce rinçage n’a plus sa raison d’être lorsqu’on emploie des shampooings aux sulfonâtes.

Anciennement, certains coiffeurs « traitant » utilisaient l’eau de pluie ; mais cette pratique, très valable à l’époque en raison de la pureté de cette eau, est aujourd’hui caduque, du fait qu’à la pluie se mêlent des déchets qui se tiennent en suspension dans l’air pollué.

Depuis 30 ans environ, on utilise un procédé beaucoup plus scientifique qui consiste à adoucir l’eau en échangeant les sels de calcium et de magnésium contre des sels de sodium ; au début, cet adoucissement se faisait à l’aide de sables verts et de zéolithes.

Il y a mieux encore que l’adoucissement de l’eau : c’est la permutation.

Selon Y. Bouchard : « la permutation permet, sans avoir recours à la distillation, d’obtenir une eau privée de ses sels ionisés par un double échange d’ions appelé souvent bipermutation ».

Ces échangeurs et permutateurs n’ont qu’un défaut : ils demeurent assez coûteux et, d’autre part, s’ils améliorent la tenue du cheveu et évitent l’entartrage des canalisations, ils ne produisent aucun effet psychologique sur la cliente car, étant placés en général à l’arrivée d’eau, ils sont invisibles.

Or, tout le monde sait qu’en esthétique et en coiffure les facteurs psychologique et la suggestion ont presque autant de valeur que les soins eux-mêmes ; d’où hésitation de nombreux coiffeurs, même traitant, de faire installer des adoucisseurs et permutateurs.

En fait, il semble que le facteur le plus déterminant, chez ceux qui procèdent à cette installation, soit la crainte de voir leurs canalisations s’entartrer progressivement.

A quel rythme faut-il faire les shampooings ?

Ce sont l’état et la nature du cheveu qui dicteront et détermineront votre conduite.

Après avoir choisi les shampooing qui convient à l’état et à la nature du cheveu, vous tiendrez compte des indications suivantes, très approximatives d’ailleurs :

  • chez un sujet qui n’habite pas une grande ville à l’atmosphère polluée et qui ne salit pas sa chevelure : tous les 10 à 15 jours environ
  • chez un sujet qui ne salit pas sa chevelure avec ses propres sécrétions : tous les 10 à 15 jour environ
  • chez un sujet qui ne salit pas sa chevelure avec ses propres excrétions, mais qui vit dans une grande ville : tous les 8 jours environ ; plus souvent, si le shampooing est fait avec une préparation peu mordante, et à l’eau pure ou adoucie
  • si les cheveux sont secs et si le cuir chevelu a tendance aux pellicules, tous les 6 à 8 jours environ
  • si les cheveux sont gras, tout dépendra du degré de la séborrhée

La clientèle accorde souvent au shampooing la valeur d’un « médicament ». Il faut lui faire comprendre que le shampooing ne représente pas un traitement, et encore moins un « médicament » : il est « l’introduction » aux soins effectifs, indispensables dans bien des cas.

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