Le cheveu et notre organisme

Le cheveu ne demeure pas indifférent aux influences de l’organisme et aux maladies qui peuvent le frapper puisqu’il en est partie intégrante, puisqu’il vit de notre sang.

Tout le monde est à même d’observer que le cheveu subit les conséquences de notre état de santé et révèle même parfois cet état.

Selon que nous sommes bien ou mal portant :

  • il est brillant ou terne
  • plein de vitalité ou mou

L’examen des cheveux aidait autrefois les médecins à compléter ou à confirmer le diagnostic d’une affection générale.

Le bulbe du cheveu est irrigué par de minuscules vaisseaux sanguins et innervé par des filets nerveux reliés au système nerveux central et surtout au système sympathique.

Le cheveu est donc en relation permanente avec les deux grandes voies de communication de notre organisme :

  • la voie fixe : les nerfs
  • la voie mobile : le sang et la lymphe qui baignent nos cellules

Influence des systèmes nerveux sur le cheveu

Le cheveu reflète fidèlement tous nos états ; non seulement d’une manière générale et constante, mais d’une façon particulière et accidentelle et même soudaine parce qu’il est :

  • nourri par notre sang
  • innervé par nos nerfs
  • intoxiqué par nos poisons

Ainsi, une femme émotive, victime d’un brusque ennui peut accuser le choc par une perte soudaine du tonus capillaire qui se manifestera au moment de la mise en plis : le cheveu sera inerte.

Mais c’est là, un fait soudain ; le fait permanent, c’est la “ressemblance” du cheveu à l’individu.

Il apparaît en effet que si notre sang est “vigoureux”, le cheveu sera vigoureux.

Inversement, si nous sommes de nature débile, lymphatique, si dans nos artères coule un sang “clair” et peu “dynamique”, le cheveu se ressentira de cette faiblesse générale à laquelle il participe.

Comparez les cheveux d’un sujet de tempérament nerveux au cheveux d’un sujet de type lymphatique. Vous constaterez sur le plan capillaire, toute la différence qui sépare ces deux sujets.

L’action des nerfs n’est pas moins déterminante ; ils contrôlent la distribution du sang. En cas de tendance spasmodique, non seulement le nerf peut “étrangler” le bulbe mais par une constriction excessive des vaisseaux sanguins, il peut réduire sa nutrition jusqu’à le conduire à l’athrepsie.

Il n’y a pas que l’action mécanique des nerfs : il y a leur action physique et chimique, méconnue mais certaine, qui peut modifier le comportement du cheveu et même, dans certains cas, le faire tomber.

Nombreux sont les cas où l’influence nerveuse ne se voit pas au niveau du cheveu, où elle échappe au contrôle optique et où pourtant elle est présente ; elle est révélée par l’état général de la cliente et affirmée par une chute diffuse ou localisée au vertex.

Nous ne connaissons pas, il faut l’avouer, le mécanisme intime de ces influences.

Nous savons qu’une énergie circule dans les nerfs, et qu’elle peut être excessive ou insuffisante ; nous savons encore qu’à l’extrémité de leurs terminaisons, le sympathique et le parasympathique libèrent les hormones qui déclenchent l’action nerveuse.

Sans doute l’influx nerveux et ces hormones nerveuses ont-ils un rôle dans les malheurs du cheveu lorsqu’ils ne se produisent pas dans des conditions correctes.

Mais ce qui peut s’expliquer au niveau du bulbe, qui possède des nerfs, ne peut s’expliquer au niveau de la tige qui n’en possède point.

Or, c’est un fait maintes fois constaté, qu’une fatigue nerveuse brusque peut faire tomber le tonus de cheveu.

Comment le peut-elle puisque l’influence nerveuse n’a pu être conduite dans le cheveu du moins par des voies connues ? C’est un mystère.

Enfin, il y a les déchets de notre organisme : le cheveu et un organe l’élimination.

La kératine étant biologiquement inerte, les substances toxiques ou infectieuses qui réunissent à monter dans le cheveu son neutralisées.

Notre organisme n’a plus à les craindre.

On a cité l’exemple usé de l’arsenic et les dosages de ce poison dans le cheveu par des experts discordant au cours de procès d’empoisonnement ; mais l’arsenic n’est qu’un exemple entre cent mille, rarissime et sans intérêt.

Tous les poisons, toutes les toxines qui peuvent souiller notre sang peuvent se déposer dans le bulbe et faire tomber le cheveu avant même qu’il n’aient été stockés dans la kératine.

Car, cela accéder à la tige, il faut bien que les poison transitent par le bulbe, et leur passage dans les cellules vivantes du cheveu arrête la nutrition ; alors la chute apparaît.

Ce phénomène appelé alopécie infectieuse ou toxique est courant dans :

  • la typhoïde
  • la grippe
  • l’angine

Il n’a pas lieu dans les intoxications.

Le système sympathique

Système nerveux

Système nerveux

Il ne sera pas inutile de rappeler au praticien en soins capillaires quelques notions essentielles sur le sympathique.

Elles lui permettront de comprendre l’influence de ce système sur le bulbe du cheveu, et par conséquent, certains aspects de la chevelure, ces aspects qui fourniront des indications précieuses pour l’exécution de la permanente et de la mise en plis.

Le Nerf Grand Sympathique qui longe notre colonne vertébrale, fait partie du système nerveux.

Mais il forme un ensemble à part destiné à régler les fonctions végétatives de l’organisme, c’est-à-dire la nutrition et la reproduction par le début sanguin et la sécrétion hormonale.

Le grand sympathique se divise en deux systèmes très ramifiés :

  • le sympathique proprement dit, ou ,orthosympathique
  • le parasympathique

Chacun de ses systèmes a une action complémentaire qui s’exerce d’une manière fort curieuse : chacun d’eux tend

  • à freiner
  • à stabiliser
  • à normaliser l’influence de l’autre de manière à établir un parfait équilibre nerveux de l’organisme humain

Cet équilibre est souvent rompu en faveur de l’un ou de l’autre système.

  • si c’est le parasympathique qui l’emporte : il y a sympathicotonie, c’est-à-dire “une sensibilité spéciale du sympathique reconnaissable, en clinique, à la tachycardie, à l’éréthisme cardiaque, à la sécheresse de la peau”… les sympathicotoniques sont excités, fébriles et plutôt maigres
  • si c’est le parasympathique qui l’emporte : il y a parasympathicotonie ou vagotonie, le nerf vague étant la partie essentielle du système parasympathique ; les “vagotoniques” présentent de la bradycardie, de la transpiration localisée aux extrémités, de la constipation spasmodique …ces sujets sont déprimés, fatigables et frileux en général

Les conséquences d’ordre “capillaire” de ces 2 sensibilités spéciales du système nerveux sont les suivantes :

  • chez les sympathicotoniques : le cheveu est plutôt gros et solide ; il prend bien la permanente et la mise en plis ; c’est un “bon cheveu” pour le coiffeur ; il ne faut pas certes que l’influence sympatique soit trop importante sinon la rupture de l’équilibre nerveux entraînerait fatalement la rupture des équilibres cellulaires du bulbe du cheveu
  • chez les vagotoniques : le cheveu a tendance à être fin, faiblement pigmenté et sans vigueur ; il prend mal la permanente et donne des mises en plis molles, qui ne “tiennent” pas

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